Quand le bois laisse passer la lumière

A la galerie Le Bunker, le bois se mêle à la couleur. Les sculptures de Richard ROHART laissent passer la lumière, tandis que les peintures de Bertrand PHILIBERT travaillent la profondeur du bleu. « Couleurs bois » met en regard deux démarchent ancrées dans l’instant. [...]

 

Peindre pour ralentir le monde

Face à ces sculptures, les œuvres de Bertrand PHILIBERT proposent une autre manière d’habiter la matière. Chez lui tout commence par le bois. Un support qu’il choisit pour ses veines, sa texture, son caractère vivant. A l’inverse d’une toile neutre, le matériau impose déjà une direction. Les couches de peinture, souvent dominées par un bleu profond qu’il explore depuis près de dix ans, viennent s’y déposer progressivement. Par transparence, la matière reste visible. Le bois ne disparait pas, il continue de respirer sous la peinture.

« Ce bleu, c’est un partenaire », explique-t-il. Ancien chercheur en biologie moléculaire, il s’est progressivement tourné vers l’architecture, travaillant notamment sur des projets liés à la Bibliothèque Nationale de France, avant de se consacrer aux arts. Son parcours nourrit aujourd’hui un travail ancré dans des matériaux bruts et naturels.

Peindre devient  alors une expérience immersive. «  Au bout de deux heures, je suis ailleurs, Le temps devient le mien ». Les carrés et les grilles qui apparaissent dans ses compositions évoquent autant des structures cellulaires que des réseaux contemporains, parfois contraignants. Pourtant l’artiste refuse d’imposer une lecture. Il préférerait laisser ses œuvres ouvertes, sans titres trop explicites, afin de préserver la liberté d’interprétation du regardeur.

La lumière traverse, le bleu retient. Entre les deux, le regard circule, s’attarde, revient. Le reste se passe en regardant.

 

Carole ALKABES - Le journal de Sainte-Croix - CH - 15 avril 2026